Contribution de Robert Lyman © 2026. La biographie de Robert Lyman peut être consultée ici.

Image sous licence Adobe Stock

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Peu de Québécois sont conscients des coûts des mesures de politique climatique actuellement mises en œuvre par les gouvernements fédéral et québécois. Étonnamment, il n’existe aucun inventaire fiable et faisant autorité des mesures climatiques en vigueur, des dépenses passées, présentes et prévues, ni des résultats obtenus.

Dans le budget de 2022, le gouvernement fédéral a indiqué avoir consacré plus de 120 milliards de dollars à des mesures climatiques entre 2015 et 2022, sans toutefois en préciser la nature. Dans le budget de 2023, il a annoncé son intention de dépenser 121 milliards de dollars supplémentaires sur la période visée par le plan financier (c’est-à-dire jusqu’à l’exercice 2027-2028). Il n’a fourni aucune ventilation de ces dépenses, que ce soit par année ou par mesure. L’Institut climatique du Canada a mandaté Navius ​​Research pour élaborer ce qu’il appelle le « Climate Policy Tracker » (suivi des politiques climatiques), une liste des mesures climatiques actuelles et prévues ainsi que des dépenses connexes. Selon cet outil, il existe 112 mesures de politique climatique du gouvernement fédéral et 364 mesures provinciales et territoriales pour lesquelles un financement a été approuvé ou planifié.

Le total des dépenses fédérales et provinciales consacrées aux mesures climatiques pour la période allant de 2020 à 2030, tel que recensé par le Carbon Policy Tracker, s’élève à 476 milliards de dollars (soit 11 900 $ par habitant du Canada ou environ 28 000 $ par ménage). Ce montant correspond uniquement aux mesures annoncées jusqu’à la fin de 2025.

Jusqu’à présent, la majeure partie des dépenses du Québec en matière de climat a été financée par les revenus générés par le marché du carbone conjoint de la province et de la Californie, fondé sur le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission. L’intégralité du produit de ces ventes est versée au Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC). Ces revenus proviennent des paiements effectués par les entreprises québécoises assujetties aux plafonds d’émissions. En juin 2026, le système de plafonnement et d’échange avait permis au gouvernement du Québec de percevoir 11,5 milliards de dollars.

En 2025, le Québec a publié un Plan pour une économie verte à l’horizon 2030. Par ailleurs, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il consacrerait 10,1 milliards de dollars à ce plan sur une période de cinq ans. Près de 4 milliards de dollars seront investis dans la réduction des émissions du secteur des transports, 1,7 milliard dans l’industrie, 1,45 milliard dans le secteur du bâtiment, 37 millions dans l’agriculture, 48 millions dans le secteur forestier et 340 millions dans d’autres mesures.

Les dépenses consacrées aux mesures climatiques à ce jour, ainsi que celles prévues d’ici 2030, ne représentent qu’une faible part des coûts que devront assumer les Québécois et les autres Canadiens pour atteindre l’objectif d’une décarbonation complète de l’économie. Dans son budget de mars 2023, le gouvernement fédéral a estimé que le coût de l’atteinte de la carboneutralité se situerait entre 125 et 140 milliards de dollars par an de 2023 à 2050, soit un total compris entre 3 400 et 3 600 milliards de dollars.

La population du Québec, qui dépasse légèrement les neuf millions d’habitants, représente environ 22 % du total canadien. Un coût de 3 600 milliards de dollars équivaut à 792 milliards pour le Québec, soit environ 400 000 dollars par Québécois au cours des 24 prochaines années. Ce chiffre de 3 600 milliards de dollars constitue probablement une sous-estimation.

Cette histoire doit être racontée.

Poursuivez la lecture du rapport dans la version PDF.