Cher Alec,

Très aimable de nous avoir écrit. Plusieurs de mes meilleurs amis en Alberta sont franco-canadiens. Moi aussi j’ai des amis au Québec, et j’y ai même travaillé dans le passé avec Claude Fournier et Marie-José Raymond. Curieusement, notre projet de scénario s’intitulait « Les cavaliers de la terre promise » – racontant la randonnée de la GRC dans l’Ouest pour y forger une nation, qui n’était qu’une idée à l’époque.

C’était dans les années 1980, avant que l’Alberta n’ait acquis la réputation d’avoir du «pétrole sale». Comment est apparu ce sobriquet? Peut-être avez-vous entendu parler de la « campagne des sables bitumineux »? C’était un effort délibéré de verrouiller la troisième plus grande ressource pétrolière du monde et de garder un concurrent mondial, le Canada (via les sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan), hors des marchés mondiaux.

Jusqu’à présent, cela a été très efficace.

Mais, vous ne savez probablement pas que le Québec y a joué un rôle de premier plan!

En effet, à partir de 2009, la « Oak Foundation » suisse, basée en Amérique, l’un des partenaires de la fondation milliardaire « ClimateWorks », a octroyé $5milliards USD à la « Campagne mondiale pour l’action pour le climat » (GCCA www.tcktcktck.org ), basée à Montréal. Leur but était de « mobiliser l’opinion publique et revendications au Canada ». Les trois années suivantes, la Oak Foundation subventionna jusqu’à $2 million USD afin de faire pression sur les politiques, organisations et individus pour leur permettre d’agir sur le dossier du changement climatique.

En 2010, la  « Sea Change Foundation », autre partenaire de ClimateWorks, injecta $4million USD dans la GCCA afin de « réduire la dépendance d’une énergie à haute teneur en carbone », « et le développement d’un programme. » Le but était de mobiliser le public via les syndicats et les groupes confessionnels afin d’influencer les traités internationaux sur le climat.

On en arrive donc à environ $11.75 million USD déversés au Québec pour lutter contre des projets comme les sables bitumineux.

Vous dites dans votre lettre: «Je comprends, vous êtes en colère.”

Je ne peux pas parler au nom de tous les Albertains, mais en tant qu’amoureux du Québec et de ma propre province, la nausée me gagne quand je découvre le logo de la province du Québec sur le site Web “tcktcktck.org” de la GCCA, tout à côté du logo de la Fondation Oak… un portail de la province en direct au moment où j’ai pris cette capture d’écran !

Ces bailleurs de fonds étrangers ont créé avec succès au Québec « Blockadia » des pipelines et ressources, bien avant que les Albertains aient la moindre idée de la campagne contre les sables bitumineux.

Vous avez donc tort de dire que Trans Canada a tout gâché. Le Québec s’est radicalisé contre les sables bitumineux de l’Alberta via des saboteurs financés par des fonds étrangers depuis plus d’une décennie. Énergie Est était bien conçue ; des militants ont tout contrecarré, alléguant qu’une brasserie québécoise serait mise en danger, jusqu’à une professeure de Concordia qui, lors d’un groupe de discussion sur les sables bitumineux, éclata en sanglots, criant qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfants à cause des sables bitumineux de l’Alberta.

Il est étonnant qu’elle n’ait pas pleuré sur la présence de raffineries et de pétrole étranger chez vous !

The Grand Quebec Hypocrisy on Energy East, de Robert Lyman

Objectifs de Reduction des Emissions – Le Cas du Québec 

Nous-mêmes n’avions aucune idée de la gravité de la situation au Québec jusqu’à notre innocente campagne d’affichage en 2014. Nous nous concentrions sur les sciences du climat et leurs implications sur les politiques énergétiques.

Et vlan ! Il apparut que mentionnner quelques faits scientifiques méritait une peine de prison ! J’ai analysé les thèmes contenus dans le fichier de plaintes que nous avons reçues du Ad Standards Council, et ai été surprise de la véhémente «frénésie convulsive» d’affirmations émotionnelles, si inattendu des franco-canadiens normalement rationnels que je connais – des gens qui adorent débattre des faits, pas les sentiments.

https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2766823

Ce n’est que quelques années plus tard que les fonds mentionnés ci-dessus ont été portés à mon attention. Maintenant, tout cela a du sens, y compris la folle réaction de l’ACS.

Et à propos de l’hydroélectricité que vous voulez vendre !

Avant de critiquer les sables bitumineux de l’Alberta, où la réhabilitation des sols est loi, allons d’abord jeter un coup d’œil sur votre arrière-cour.

 

 

Carte de la baie James

Centrale électrique principale

La centrale électrique est encadrée en jaune, sur une carte du réservoir de 300 km de large

 

Intégralité de la zone d’exploitation des sables bitumineux

Et voici l’ensemble de l’exploitation des sables bitumineux sur une carte de 300 km de large

D’après Norm Kalmanovitch, P.Geoph

Comparons maintenant les empreintes respectives de la baie James et des sables bitumineux, chaque carte faisant 300 km de large.

Voici à quoi ressemble la zone d’extraction des sables bitumineux lors de la remise en état, Alec. La baie James, elle, ne sera jamais récupérée.

 

Source: https://www.syncrude.ca/environment/land-reclamation/our-progress/ 

Alec, vous dites «Keystone XL est à nouveau retardé aux États-Unis….»

Non, pas du tout ! Keystone XL a été intentionnellement bloqué par la campagne contre les sables bitumineux. Les mêmes millions qui ont envahi le Québec pour radicaliser votre peuple contre le pétrole de l’Alberta et les sables bitumineux ont également financé « Blockadia au sud ».

Alec, vous dites aussi: “et B.C. ne veut pas de l’extension TransMountain, qu’Ottawa a finalement décidé de nationaliser pour tenter de le compléter. ”

Non ! La Colombie-Britannique a versé des millions de dollars à des organisations non gouvernementales de l’environnement – dont beaucoup d’organismes de bienfaisance subventionnés (!) – afin d’emprisonner le pétrole albertain.

Vous dites que nous sommes en colère, Alec. Vous avez tout à fait raison !

Nous sommes fâchés d’apprendre que le principal bloqueur de TransMountain, la Fondation David Suzuki, est financé par Power Corporation du Québec depuis 2007. Nous sommes vraiment sidérés de découvrir que la Caisse de dépôt et de placement du Québec était le deuxième actionnaire en importance de Kinder Morgan Canada. Qui a donc bénéficié de Blockadia et de l’achat ultérieur de TMX par le gouvernement fédéral?

Ce qui nous rend furieux, c’est de découvrir que la Caisse de dépôt partage le lit d’Al Gore, ce type qui encourageait le Blockadia du pipeline TMX – un milliardaire qui applaudit à la perte d’emplois de centaines de milliers de Canadiens et aux suicides de ceux qui ne peuvent plus surmonter la perspective d’une ruine financière.

Et maintenant vous nous dites que vous voulez vendre votre hydro aux autres provinces. On vous souhaite bonne chance!

Nous savons que l’équipe du Manifeste LEAP, celle de Skoll and Gore, la famille Lewis-Klein et la bande Trottier «Acting on Climate» de McGill ont tous de grands espoirs d’avoir un réseau national éolien-hydroélectrique au Canada.

Mais disons-le maintenant: ARRÊTEZ TOUT DE SUITE !

C’est techniquement irréalisable, Alec. Il est insensé que des investisseurs idéologiques et éco-activistes financés par des fonds étrangers animent le programme énergétique au Canada – et le poursuivent vers la catastrophe.

Nous avons interrogé des ingénieurs en production d’énergie à propos de cette idée de réseau éolien-hydroélectrique, qui, selon les LEAP, pourrait être facilement réalisée d’ici 2035.

No chance, Alec. Here’s why.

Aucune chance, Alec. Voici pourquoi.

http://blog.friendsofscience.org/2015/09/29/power-generation-information-on-difficulties-of-instituting-the-proposed-wind-hydro-national-grid-network-in-acting-on-climate-change/

https://blog.friendsofscience.org/2016/01/23/un-reseau-national-hybride-denergie-hydroelectrique-et-eolienne-le-plan-est-techniquement-irrealisable/?highlight=reseau

Nous n’en avons pas la certitude, mais soupçonnons, que depuis que les Amis de la science ont eu l’audace de dire aux Canadiens la vérité sur cette idée de production d’énergie, un groupe d’entre eux a tenté de nous faire emprisonner pour nos panneaux publicitaires.

https://www.nationalobserver.com/2015/12/03/news/breaking-ecojustice-files-complaint-competition-bureau-against-climate-denial-groups

Et quant aux objectifs de l’accord de Paris? Voulez-vous dire ceux qui sont principalement définis par la « World Resources Institute », collaborateur de « Generation Investment Management » d’Al Gore? Ceci ressemble beaucoup au bras public des milliardaires de « ClimateWorks » qui essaient de forcer le monde à adopter un système de « plafonnement et d’échange de charbone » mondial, et mettre leurs 12 trillions de dollars d’énergies renouvelables sur leurs intérêts propres sur le réseau…? Ce sont ces cibles dont vous parlez?

ClimateWorks Foundation – WikiLeaks

https://wikileaks.org/podesta-emails/fileid/57594/16165

Nisbet https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/wcc.524

Excusez-nous si nous trouvons tout cela un peu trop «commode» et semé de conflits d’intérêts. D’après les données scientifiques sur le climat, la planète se porte bien et le changement climatique n’est affecté que de façon nominale par les émissions humaines… (Mais de manière significative par les détournements importants d’eau comme la Baie James). Depuis 2013, le rapport du GIEC a clairement montré que le dioxyde de carbone n’était pas le « bouton de commande » du climat.

 

Et pour ce qui en est de la péréquation chez les Albertains, ce n’est pas le programme ou le transfert qui est si irritant. Nous sommes un pays confédéré, et le principe de cette confédération – comme dans le cas du chemin de fer Trans Canada il y a bien longtemps – était de faire en sorte que toutes les régions du pays puissent bénéficier des avantages naturels des richesses géographiques et des ressources… Nous, Albertains, «attendons» de pouvoir construire des pipelines à partir de nos bienfaits naturels des sables bitumineux vers les provinces qui possèdent les avantages naturels des ports océaniques. N’êtes-vous pas heureux de nous expédier sans question vos gallons de sirop d’érable ?

Puisque nous avons partagé nos richesses d’environ 200 milliards de dollars de péréquation (2000-2014), cela ne semble pas être une attente déraisonnable…

Vos excuses faiblardes, ça ne marche pas ! Surement pas avec moi. Et j’aime toujours le Québec et mes amis franco-canadiens, et bien plus que votre sirop !

Je méprise ce que votre Blockadia, fondé par des étrangers, nous a infligé dans l’Ouest du Canada !

Je suis également dégoutée de votre hypocrisie hautaine et condescendante envers une province meurtrie et ses citoyens. J’attends de lire si vous aurez la décence de publier ces constats et vérités que je vous ai indiqués dans ma lettre. Si c’est le cas, j’achèterai le premier tour de bière Big Rock.

Big Rock…???

And …”Is Abacus Data asking the right questions on Climate Change?”

à plus tard

Michelle

media@friendsofscience.org